Poème de Jacques Coudon

Un jour de vendanges (un tsour de vendigno)
vendredi 13 août 2010
par  Jean Figarella
popularité : 39%

Qué dé moundé din lo vigno,
Nio presqué tant qué dé rosins,
Co trépigno, è co trépigno,
Coum’o Sorlat din lus mogosin.

Co faï tzico, è co faï tzaco,
Lo grappo tombo, o plé poniè,
Din loïs feillos co fourdasco,
Coumo los poulos din lou poliè.

Coï tza lou Pierrou qué co sé passo,
Qué sount entren dé vendigna,
Din lo tortièro détza fricasso,
Un déous gros gals ol col piola.

Cadun roconto soun istorio,
Lus biel disoun : dé nostré ten,
N’obian pas tan, coumo n’on daro,
E loïs frétissos tournaboun souben.

Bébian nouma dé lo piquetto,
Fatso dé poumos ou dé prunels,
Lou bi, èro péous tsours dé festo
E n’en dounaboum qué oou pu biels.

Mès ol cloutziè, mètsour qué sonno,
Boto lo pax, din lou troupel,
Olors lo mo, cadun sé donno,
Per goloupa, débè lou contel.

Détza lo touaillo és éscompado,
Gogos, grooutous, è cobotsou,
E tut diront : calo tsournado !
Coumo lo d’oqui nio tsmaï prou.

Traduction :

Un jour de vendanges

Que de monde, dans la vigne,
Il y en a presqu’autant que de raisins,
Et ça piétine, et ça pietine,
Comme à Sarlat, dans les magasins,

Et ça fait zipe, et ça fait zape,
La grappe tombe, à plein panier,
Dans les feuilles, tout le monde gratte,
Comme les poules dans le pailler

C’est chez le Pierrou que ça se passe,
Que l’on est en train de vendanger
Dans la cocotte, déjà fricasse
Le plus gros coq au cou plumé.

Chacun raconte son histoire,
Les vieux disent : de notre temps,
Nous n’en avions pas tant, comme aujourd’hui,
Et les frottes revenaient souvent.

Nous ne buvions que de la piquette,
Faite de pommes ou de pruneaux,
Le vin était pour les jours de fête,
Et n’en buvaient que les plus vieux,

Mais au clocher, midi qui sonne,
Va mettre la paix dans le troupeau,
Alors la main, chacun se donne,
Pour aller chercher son morceau.

Déjà la nappe est étalée,
Boudins, grillons, et le jambon ;
Et tous diront : quelle journée !
Il y en aura d’autres, nous l’espérons.

Avec l’aimable autorisation de Jacques COUDON.

Extrait de Récits et anectodes. 2003.Editions du Roc de Bourzac.


Commentaires  forum ferme

vendredi 31 décembre 2010 à 13h09

J’ai eu, en 2007, le privilège de cotoyer Monsieur Coudon et je peux vous assurer que ce personnage est un grand amoureux de sa terre et de sa région. Il nous a conté des histoires et anecdotes de son passé, nous a parlé de son village et de ses alentours. Nous sommes rentrés chez nous, en moselle, avec de belles images et fantastiques histoires de chez vous et nous avons laissé à Daglan un bout de notre coeur.
Quelque soit le langage utilisé par monsieur Coudon, il reste et fait vivre la mémoire de votre petit coin de paradis.
Cordialement
Alexia Bergmann

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samedi 21 août 2010 à 02h27 - par  Jean-Paul Liégeois

Votre intéressant commentaire M. Dugros (et la subtile réponse de Jean-Pierre Vidal) appelle une réflexion sur l’utilisation des patois et des langues telle l’Occitan, langue officiel d’un pays ou non. Les patois sont locaux et essentiellement à transmission orale, d’où le problème de leur écriture. Dans les époques récentes, quand un ensemble de patois devient la langue officielle d’un pays, une langue standardisée est mise sur pied pour apprentissage à l’école et l’utilisation dans les médias. Par exemple le Néerlandais de Belgique créé à partir des divers patois flamands ou le Bokmål en Norvège. Beaucoup de Flamands et de Norvégiens continuent cependant de parler leur patois à la maison et entre eux dans chaque région.

Un voisin parlant patois me disait qu’il comprenait parfaitement à la lecture les textes de M. Caudon alors qu’il comprenait peu les textes en Occitan normalisé. Sorti du Sarladais, les textes de M. Caudon ne sont pas compris, d’accord, mais en Occitan normalisé, ils ne seront pas compris par les Sarladais. Ce serait dommage aussi. Par ailleurs M. Caudon est publié par les Editions du Roc de Bourzac et ses pièces, écrites de la même manière, sont jouées avec beaucoup de succès à Daglan. Ces différentes actions portent-elles réellement tort à l’Occitan ?

Comme le fait remarquer Jean-Pierre Vidal, n’êtes-vous pas en train de jouer le même jeu avec les patois locaux que le Français avec les patois de France ? Souhaitez-vous faire disparaître les patois locaux ? Ou peut-être pensez-vous que leur disparition est inéluctable et que seul un Occitan normalisé peut survivre ?

Quoiqu’il en soit, Bouzic-Perigord.fr serait heureux de publier un texte en Occitan normalisé de votre choix, de préférence pouvant intéresser les Bouzicois et avec sa traduction en Français (ex-patois venu du nord). Un commentaire de votre part sur l’importance de cet Occitan normalisé et ses relations avec les divers patois locaux serait également apprécié. Si vous en avez le temps et l’envie, veuillez m’envoyer un tel document par e-mail (jean-paul.liegeois@bouzic-perigord.fr), je le posterai en votre nom et sans modification bien sûr. Je trouve cette discussion fondamentale et votre contribution serait très bienvenue.

Bien cordialement, Jean-Paul Liégeois, Malecourse, Bouzic.

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vendredi 20 août 2010 à 18h18 - par  Jean-Pierre Vidal

Quand un "Majoral del Felibritge" rencontre un Inspecteur Général de l’EdNat (pardon ...), est-ce un avatar (de plus) du Choc des Civilisations cher à Huntington ?

Jean Figarella se donne déjà beaucoup de peine pour décider Claire Chaval à bouter (en occitan : botar) les envahisseurs, on peut bien lui pardonner cette approximation malencontreuse entre patois Sarladais et Occitan.

Il n’existe pas de Brestois ni de Stasbourgeois mais bel et bien du Breton et de l’Alsacien, donc , et c’est un fait historique avéré, bel et bien aussi un patois Sarladais, au même titre que les pommes de terre du même nom dont je suis sûr que vous êtes un fin amateur !

Jacques Coudon est un de ces illustres détenteurs locaux de la tradition orale, qui avant la forme normalisée, nous permet de revivre un passé où les côteaux du Céou étaient couverts de vignes, sans la prétention de touver un auditoire autre que local. Un troubadour en quelque sorte ....

On peut toujours faire du PanOccitanisme, comme d’autres font de l’intégrisme. Mais il serait dommage d’employer les mêmes méthodes que les "Francimands" (les Français du Nord) quand ils ont imposé leur langue d’Oïl aux "quatre coins de l’Hexagone" en qualifiant de patois toutes les langues qui n’étaient pas la leur.

Enfin, Monsieur le Majoral, je me permets de vous faire remarquer que dans le domaine de la norme on peut toujours faire mieux et je vous soumets à titre d’exemple les propos tirés d’un de vos discours (dont je soupçonne qu’il a été pensé en français, mais je comprends), et leur traduction dans un Occitan purifié après distillation mot à mot (ou du moins ce que j’en ai interprété) :

1 vos propos :
http://albuga.free.fr/oc/culture/ci...

"Me veiquí donc dins la granda familha dau Consistòri del Felibrige. Una granda familha onte los parents de pròches e de luenh se tròban dins tots los ranvers de l’Occitania : Auvernha, Gasconha, Lengadòc, Lemosin, Provença. Serai pas despaísat. Emb Daniela, nòstras raíces son gasconas, lengadocianas, perigordinas, e benleu d’endacòm mai, qual sap ?"

2 en Occitan purifié labelisé IEO :

"Me vaicí doncas dins la bèla familha del Consistòri del Felibritge. Una bèla familha ont los pairentés de probenc e de luènh se tròban dins tots los encontradas de l’Occitania : Auvèrnha, Gasconha, Lengadòc, Lemosin, Provença. Serai pas despaïsat. Amb Danièla, nòstras rasigas son gasconas, lengadocianas, peiregordinas, e benlèu d’endacòm-mai, qual sap ?"

J’espère qu’ainsi, vous pourrez être entendu du Bugue à Salons-de-Provence en passant par Villefranche-de-Rouergue et même par Bouzic où nous attendons impatiemment vos leçons !

Oecuméniquement vôtre !

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mercredi 18 août 2010 à 08h52 - par  Jean-Claude Dugros

Bonjour,

Non, ce n’est pas du "Sarladais". Dirait-on "c’est du Brestois, c’est du Strasbourgeois, c’est du Marseillais", pour le Français ?
L’occitan, ou langue d’oc, est une véritable langue qui a son orthographe, son vocabulaire, sa grammaire, sa conjugaison (comme les autres langues latines : portugais, espagnol, roumain, français ( 60 % des mots français sont d’origine latine), italien, etc.)
L’occitan écrit correctement existe. Dans la revue trimestrielle "Paraulas de Novelum", par exemple, éditée par Novelum, section périgourdine de l’I.E.O. (Institut d’Études Occitanes), à Marsac (24). Vous avez dans le Sarladais aussi d’excellentes revues occitanes : "Las Bonas Lengas", à Daglan, Et aussi "Lo Chalelh" à Alles sur Dordogne.
Écrire la langue d’oc en graphie normée, c’est la valoriser, lui donner une stature qui en fait l’égale des autres langues. C’est permettre d’être lu dans toutes les régions occitanes. Sorti de Bouzic, personne ne connaît "le Sarladais" de Mr Coudon et donc ne le comprendra pas. Avouez que c’est dommage !
Mr Coudon n’a jamais appris l’occitan ? il ne sait pas l’écrire ? Hé bien, qu’il demande, on lui mettra ses poèmes en graphie correcte, mais par pitié, arrêtez de publier un tel charabia. Vous portez tort à la langue et à la culture d’oc.

Cordialement.

Jean-Claude Dugros

Logo de Jean Figarella
dimanche 15 août 2010 à 15h33 - par  Jean Figarella

C’est vrai. C’est du sarladais. mais c’est de ma faute et pas celle de l’auteur qui n’a jamais prétendu que ses poèmes étaient du pur occitan. J’ai un peu trop vite baptisé cela d’occitan mais je suis plus compétent en langue corse qu’en langue occitane.
En tous cas, nos lecteurs sarladais s’y retrouveront sans doute mieux et par définition le liront plus facilement. Ils y retrouveront les accents et les souvenirs de leur enfance.
Jean FIGARELLA.

Logo de Jean-Pierre Vidal
dimanche 15 août 2010 à 07h59 - par  Jean-Pierre Vidal

C’est de l’Occitan phonétique approximatif. Cf : http://www.panoccitan.org/diccionar..., ou à la rigueur du patois Sarladais ....

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