Amour, Foires et Pâtés

Si Bouzic m’était conté
mercredi 4 août 2010
par  Jean Figarella
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Le feuilleton comico-culturel de l’été.

Amour, foires et pâtés.

Premier Episode

1328 après Jésus-Christ.

En cestui temps, les bergers de la contrée étaient à garder les vignes des costeaux du Ceou. Auquel temps les fouaciers de Cénac passaient le grand carroi, menant dix ou douze charges de fouaces à Bouzic le mardi aux vêpres sonnantes.

Pour parler français, il faisait bon vivre à Bouzic en cestui temps. Le royaume de France est prospère et le pays s’étend de l’Escaut aux Pyrénées et de l’Atlantique au Rhône, à la Saône et à la Meuse.
Les belges sont donc français mais les français sont également belges.
Malgré les confiscations de territoires faites par les rois Capétiens, les rois d’Angleterre ont conservé le duché de Guyenne et le roi d’Angleterre est ainsi le vassal du roi de France.
Tous les mardis soirs à Bouzic, damoiselles et damoiseaux distribuent les écuelles et les gobelets à la Foire de Bouzic. Le Rauzet de Domme coule à flots. Il faut dire que le pays s’enorgueillit de cultiver la vigne et de produire du vin.

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Le chai de Moncalou au 14e siècle
On reconnaît à gauche (les pieds dans le jus) Messire Marty et à droite, un gagnant du loto qui s’éclipse incognito avec le magnum qu’il a gagné.

Et puis, il y a à Bouzic le Vicomte Manière de Moncalou, celui qui plante, qui taille et qui vendange.

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Le travail de la vigne au 14e siècle
Messire Bernard à gauche en chausses blanches) et Dame Christiane à l’ouvrage (à droite)

Les bourgeois de la ville, les hobereaux, les serfs et les manants (les menants aussi !) cuisent leur viande sur des brasiers rougeoyants entretenus par Messire MONTEIL, Maître Braiseur et ses vassaux, Messire MARTY, Messire VIELESCOT. Parfois Messire LACOMBE, conducteur de carroi, vient se joindre à eux.

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Le Glode "Maître Braiseur"

Aucun d’entre eux ne manque à la pelle les Mardis.

Sous la halle, on trouve des pâtés, des fruits et des légumes, de la viande et du vin, du pain et des fruits. Sur des tables posées sur des tréteaux, bourgeois et gueux, hobereaux et vilains déchirent à pleines dents gigots et côtelettes et ils jettent les os et les morceaux de gras à leurs femmes et à leurs droles et drolettes qui se confondent en remerciements. Le vin du Chai coule dans les gargamels (gorges en ancien français)

Dame FIGARELLA passe entre les tables pour distribuer décoctions et infusions.

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Dame danielle Figarella distribue les boissons chaudes contre monnaie sonnante et trébuchante

Le groupe de troubadours du village, sous la direction du Chef-trouvère celte « Ar Guhel  », chante en play-back des rondeaux et des pastourelles accompagné par un orchestre de vièles, de cornemuses, de pipeaux, de hautbois, de lyres et de gigues.
La complainte « Il est beau mon Quercy joli » fait pleurer chaque Mardi les manants de Gourdon venus à la Foire des producteurs de Bouzic. D’aucuns rient à gueule bec (expression de vieux français qui signifie : à gorge déployée ) lorsque Messire ROPERT, chevalier de la Tour du Puy, fait un calembour.

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Le Chevalier Valéri Gaspard D’Etain

La région est représentée aux Etats Généraux du Royaume par un preux Chevalier de Domme, le Chevalier Valeri Gaspard D’Etain , qui s’est particulièrement fait remarquer à la Croisade de Moncalou.
Vous pouvez observer sur la photo d’époque (non retouchée par photoshop) que tout le matériel métallique vient des ateliers métallurgiques de "Prêt à porter" de La Franquie. La cotte de mailles a été tricotée par Suzette Monteil et le pourpoint à carreaux rouges retaillé dans une vieille nappe de cuisine par Andréa Lalande. Les gants ont été dessinés par Karl Lagerfeld et la ceinture est de Pierre Cardin. Le casque est muni de deux trous sur les côtés pour laisser passer les oreilles

1429 après J-C : La guerre de cent ans a commencé en 1337. Avec les prolongations et les arrêts de jeu, elle se terminera 116 ans après en 1453.
Les anglais ont envahi l’Aquitaine et ont conquis Domme. Des hordes de Hooligans déferlent sur la contrée. L’exode est terrible pour les habitants de Domme. Beaucoup viennent se réfugier sur un éperon rocheux de Bouzic au lieu-dit la Franquie, croyant ainsi échapper au gigot à la menthe, au pooridge et au plum pudding.. Certains Dommois s’y établissent même, restaurant les maisons situées à quelques toises des propriétés de Sire Monteil, descendant du célèbre braiseur.
Fuyant la colère de l’occupant, un rapatrié de Domme, Messire VALERI, descendant du Chevalier Gaspard d’Etain n’hésite pas à transformer son nom pour faire anglais en remplaçant le i par un Y et en apprenant les formules de politesse les plus usitées en anglais comme « Allo ariou ».
Séduisant avec sa mèche de 8 sur le front, il va « mugueter » (faire la cour en vieux français) à Damoiselle LALANDE et l’épouser. Travaillant le métal, sachant tourner et retourner plusieurs fois sa langue dans sa bouche avant de parler, il va devenir rapidement « Bailli » de Bouzic et guérir les écrouelles. Ni chatemite, ni bateleur, il sera réélu trois fois.

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Messire Valeri
Le bailli un peu ébahi. Voilà un bail qu’il est bailli.

Le roi CHARLES VI est mort après avoir « pété les plombs » et mis le feu à sa garde-robe. Le dauphin, le futur CHARLES VII, affectueusement appelé par son père « Flipper », ne possède plus que quelques villes dans le centre de la France. Il s’est réfugié à Bourges et le royaume est à feu et à sang. Peu lui chaut. Il attend un miracle.
La petite Claire CHAVAL va lentement sur ses vingt-cinq ans et ses vingt six ans vont rapidement vers elle. Ses parents sont venus de Wallonie en traîneau et se sont réfugiés à Malecourse, chassés par les Flamands (roses) et contraints de quitter leur plat pays avec pour seul bagage un cornet de moules-frites.
Pour améliorer l’ordinaire et faire bouillir la toupine, Claire garde les moutons de Messire Bernard et Dame Christiane, seigneurs de Vivinières. Quenouillante (filant la quenouille en vieux français), la pauvre enfant fait son travail très sérieusement en buvant deux litres de cervoise par jour.

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Messire Bernard dit "Le Chai"
Surnom guerrier et affectueux

Les agneaux de Messire Bernard sont réputés dans le voisinage pour leurs bonnes « manières ». Messire BERNARD est estimé dans toute la contrée où on l’appelle le « Chai ».
A la fin de chaque foire de Bouzic (tous les mardis de l’été au cinquième quartier de lune), Messire Bernard verse à chaque manant bénévole un verre d’un élixir de sa composition qui guérit le mal d’estomac, qui fait entendre les sourds et parler les muets et les timides.
Dame Christiane fait un carton (plein) à chaque loto qu’elle organise et elle tance les bavards et récompense ceux qui jouent bien par des paniers de victuailles.

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Dame Christiane
Suzeraine des Aînés Ruraux de Bouzic

En gardant ses moutons, Damoiselle Claire a inventé une méthode pour faire des pourpoints en laine : avec deux brochettes en fer données par Christiane, elle fait des gros nœuds qu’elle appelle mailles et qui tissent un sac dans lequel elle fait trois trous, l’un pour la tête, les deux autres pour les bras.

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La mignote Claire
Ancienne maîtresse de balai, elle garde ses moutons (Oui, elle est grande pour son âge)

Son jeune fiancé, Jean-Paul LIEGEOIS, quand on lui demande où se trouve sa promise, réponds volontiers en riant : « J’ai mis ma poule au vert », bonne blague belge qui quelques siècles après deviendra « J’ai mis mon pull-over ». Jean-Paul LIEGEOIS est un jeune Damoiseau à barbe.

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Jean-Paul Liégeois en tenue camouflée au Sahara
Jean-Paul vient de descendre de son véhicule pour faire le plein.

Devenu chevalier après son adoubement, il est parti en « congé formation » c‘est à dire en croisade au Sahara à dos de chameau ou de bourricot pour bosser sur la tectonique des plaques, théorie très en vogue au Moyen-âge.

Il attend depuis longtemps que les plaques se rapprochent pour revenir à pied sec à travers la méditerranée car il a le mal de mer.
Un jour, comme le raconte la célèbre pastourelle « Un jour mon prince viendra », alors qu’elle était en train de rêver, elle, la bergère, au preux chevalier qui caracolait en chameau ou en dromadaire dans le sable et le vent, alors qu’elle était installée sous le chêne truffier préféré de Messire Loulou Mathen, elle est réveillée par une voix nasillarde qui déclamait :
« Ici, Radio Londres ; les Français parlent aux Français !
Les wallons parlent aux wallons ! ».
Messages personnels :

-  La tabatière est vide. Je répète « une fois » : la tabatière est vide .

-  A Bouzic, on ne fait pas d’omelette le 8 Mai sans casser d’œufs. Je répète « une fois » :. A Bouzic, on ne fait pas d’omelette le 8 Mai sans casser d’œufs.
« Claire, il faut sauver la France ; je m’appelle Saint-Michel et je te donne cette mission céleste. Va à CHINON. Tu reconnaîtras le dauphin CHARLES. C’est facile, c’est celui qui joue au Flipper, le Dauphin ! Il aura un sac en plastique de « Shopi » dans la main droite. Et un badge « Bénévole Marché de Bouzic » accroché à son pourpoint. Tu t’approcheras de lui et tu lui demanderas de lever une armée dont tu assureras le commandement. Tu iras bouter les Anglais hors de France, sauf ceux de Bouzic car ils sont très bien, et puis on en a besoin pour installer les tables le Mardi. Tu commenceras par Orléans. Tu emprunteras une chaise à porteurs à grande vitesse (CGV), tu sortiras par l’autoroute A10, Orléans-la-Source sans t’arrêter au restoroute ».

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Les Anglais sont arrivés à Bouzic"
Ceux-là on ne les boutera pas hors du royaume de France. Ils sont sympa et puis on en a besoin au marché de Bouzic pour installer les tables. On tne right, Hugh Grant ; on the left, Jeremy Irons.

Claire s’écrie alors : « Mais Sire, pardon, Monsieur l ‘Ange, vous vous trompez sûrement de numéro de portable. De toutes façons, je ne sais pas comment vous avez réussi à me joindre. Je n’ai pas de fax et je n’ai pas de téléphone sur moi parce que le portable, ça ne passe pas dans le coin. On nous a bien promis l’ADSL pour le 3 Août mais il va falloir sans doute attendre encore un peu ».

Saint-Michel (qui parle très bien le vieux français) : « Arrête de clabauder (bavarder) ! C’est bien à toi que je m’adresse Claire CHAVAL ! Tu es sur mon carnet d’adresses juste après BRUNI et juste avant D’ARC. Et puis tu as la frite ! Et dans les bénévoles du marché de Bouzic, je ne vois plus beaucoup de pucelles. « Je ne t’ai pas téléphoné. Et puis croquefredouille (sotte en vieux François), je te signale que le téléphone n’existe pas à notre époque et je ne m’appelle pas WANADOO. ».

La petite Claire CHAVAL va-t-elle obéir à Saint-Michel ? Qui pourrait remplacer notre bachelette (jeune fille en ancien français) pour garder les moutons de Bernard MANIERE et pour distribuer les écuelles et les gobelets au marché de Bouzic ? Sera-t-elle encore là Mardi prochain ? Je sais : le suspense est insupportable mais vous ne saurez la suite qu’au prochain épisode du grand feuilleton de l’été : « Amour, Foires et pâtés ». Soyez patients ! L’histoire de France va à une allure de Chaval !

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Christian Vielescot
"Allumez le feu, allumez le feu"

Et puis, y’a pas le feu.


Commentaires  forum ferme

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dimanche 15 août 2010 à 19h14 - par  Jean Figarella

Je suis extrêmement satisfait de voir qu’il y a tant de férus d’histoire médiévale. Je sais combien il est difficile de lire ces chroniques du temps passé et je sais que toute ressemblance avec des personnages existants (actuellement) n’est pas une pure coïncidence. La télévision française serait inspirée de réaliser un feuilleton sur l’histoire de Claire Chaval. Paris n’a pas une rue à son nom ni Bouzic (j’en profite pour signaler au Conseil municipal que Bouzic est une des rares communes françaises à ne pas avoir de rond-point. C’est important un rond-point. : ça donne le temps de voir le paysage surtout si on en fait deux fois le tour pour chercher la bonne direction).
N’hésitez pas à écrire si vous avez des anecdotes sur cette époque médiévale où une petite bergère quitta Bouzic pour sauver la France.

vendredi 13 août 2010 à 23h44

Claire Chaval n’est pas une erreur d’orthographe.Elle n’a rien à voir avec la femme cougard de TF1. Par contre j’ai recherché dans le manuel "Histoire de l’ovalie au 14e siècle" : elle descendrait de Sébastien CHABAL, l’homo sapiens sapiens qui a habité Les Eyzies il y a longtemps, longtemps dans une grotte grotte !
Quant à l’évêque Cauchon, qu’il arrête de nous chercher des crosses ! Ce n’est pas très élégant ce qu’il a fait à Rouen ! Cauchon qui s’en dédit !

A bientôt pour ce débat qui s’annonce passionnant.
Alain Decaux, inventeur des abris bus.

Logo de jean-pierre vidal
vendredi 13 août 2010 à 12h13 - par  jean-pierre vidal

N’y aurait-il pas (une fois) une coquille (St Jacques) dans l’orthogrâffe de Claire CHAVAL , triple-corne-bidouille ? J’ai oui dire qu’une Claire CHAZAL , après avoir quitté ses moutons (de Panurge) de la Télévision (c’est comme ça que les apparitions arrivèrent plus tard) serait venue se dorer la pilule en monokini sur les berges de Céou ?

jeudi 5 août 2010 à 00h34

Je ne trouve pas cette dénommée Claire Chaval dans mes livres d’histoire. Est-ce le vrai nom de Jeanne D’Arc ? Claire Chaval va-t-elle épouser le Chevalier Liégeois ?
Jean-Pierre Valéry est-il un ancêtre du maire de Bouzic ?
A-t-on trouvé un portrait du chef Trouvère Ar Guhel ? Je connais un Arguel à Bouzic. Est-ce un parent ?
J’attends avec impatience le deuxième épisode. Je brûle de savoir la suite.
L’évêque Cauchon.

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5 août 2010 - Une nouvelle rubrique est née !

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