Réunion sur le défibrillateur à Bouzic : reportage

mardi 29 octobre 2013
par  Jean-Paul Liégeois
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Le 25 octobre 2013, une réunion sur le rôle et l’utilisation du défibrillateur présent à Bouzic a été organisée par Michèle Gaillard et Bernadette Bachaud, qui n’ont pas hésité à faire du porte à porte ces dernières semaines pour que cette réunion soit un succès. Et ce fut effectivement un succès, la salle des fêtes de Bouzic était comble.

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Le Maire présente M. Garrigou et le remercie pour son intervention citoyenne.
La salle des fêtes de Bouzic est comble.


Après une introduction par le Maire, M. Garrigou commence par raconter qu’il a été personnellement fortement touché par l’arrêt cardiaque subit. Il a en effet perdu deux neveux, des jumeaux, à un an d’intervalle. Ancien pompier de Paris, actuellement à la retraite à Veyrines de Domme, il a décidé qu’il était de son devoir de faire le maximum pour le nombre de ces accidents dramatiques soit minimum dans la région et que cela passait par l’information.
Il a ensuite commencé son exposé proprement dit sur cet appareil pouvant s’avérer vital.

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M. Garrigou réalise son exposé au moyen d’une projection.


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M. Garrigou.

M. Garrigou est un adepte de l’adage "Pour enfoncer un clou, il faut lui taper plusieurs fois dessus". Il assène ainsi ses informations et les répète à l’envi.

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M. Garrigou aux commandes de son diaporama informatique
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La salle est suspendue aux lèvres de M. Garrigou


Remarque : l’article ci-dessous est basé sur la présentation de M. Garrigou mais l’auteur de ces lignes a ajouté des informations, en particulier iconographiques, mais également dans le texte.

L’arrêt cardiaque subit n’est pas forcément fatal si la victime est prise en charge immédiatement. En effet sa seule chance de survie passe par la présence d’un témoin qui agit de manière adéquate : appeler les secours, pratiquer un massage cardiaque et, si possible, utiliser un défibrillateur.

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Sans soin, une personne subissant un arrêt cardiaque a 4 à 6 minutes de vie avant de trépasser. Le temps est donc compté.

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Cette mort subite d’origine cardiaque touche 50.000 personnes par an en France. 3% en réchappent, ceux qui bénéficié d’un secours rapide. Dans les pays équipés de défibrillateurs accessibles au public, le taux de survie atteint 17%.
Si des secouristes sont disponibles localement, comme aux USA, ce taux peut atteindre 30 à 40%.
Dans un avion de ligne, endroit idéal (témoins nombreux, personnel qualifiés, matériel adéquat disponible), le taux de survie atteint 96%. Ce cas de figure correspond aux marchés de Bouzic : nombreux témoins, plusieurs secouristes formés parmi les bénévoles et probablement dans les convives et défibrillateur sur place.

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Le marché de Bouzic, avec ses nombreux témoins, ses secouristes formés parmi les bénévoles et le défibrillateur sur place, est un lieu garantissant un taux de survie élevé en cas d’arrêt cardiaque. subit


Le coeur

Le cœur est un organe dit essentiel car le corps ne peut pas fonctionner en son absence. C’est un muscle (15 cm de long, 300-350 g en poids) qui, en se contractant de manière rythmique, joue le rôle d’une pompe et fait circuler le sang dans le corps.

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Le coeur, situé près des poumons, avec qui il échange, est un muscle qui fait office de pompe.


De la naissance à la mort, il fait circuler en permanence 4 à 5 litres de sang. Chaque jour, le cœur bat en moyenne 100.000 fois et pompe 8.000 litres de sang. Cela fait de l’ordre de 2 milliards de battements dans une vie. Son rythme s’adapte à la vie de la personne et accélère en cas d’activité physique ou de moment émotionnel via l’action de l’adrénaline. Le sang est un transporteur. De nourriture, d’oxygène et de diverses cellules nécessaires au fonctionnement du corps mais aussi de divers agresseurs. Le cœur comprend une partie gauche et une partie droite, toute deux composée d’un ventricule et d’une oreillette, plus petite.
La partie gauche s’occupe du sang frais venant des poumons (veine pulmonaire) qui entre dans l’oreillette qui le transmet dans le ventricule qui se charge de l’envoyer via l’aorte et ensuite les autres artères dans tous les organes et en particulier le cerveau.
La partie droite s’occupe du sang en provenance des organes, pauvre en oxygène et riche en gaz carbonique, qui arrive via les veines caves et le sinus coronaire dans l’oreillette qui le transmet au ventricule qui envoie le sang aux poumons via l’artère pulmonaire.

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Schéma montrant les deux circulations sanguines, l’une vers les poumons (partie droite du cœur) et la générale (partie gauche du cœur) vers tous les autres organes.


Il s’ensuit que le ventricule gauche du cœur est plus musclé puisqu’il doit envoyer le sang jusqu’aux extrémités de l’organisme alors que le ventricule droit ne doit l’envoyer qu’aux poumons, à proximité.
Le cœur comprend trois couches, deux fines à l’intérieur (endocarde) et à l’extérieur (péricarde) et une centrale composée de cellules musculaires cardiaque, le myocarde. C’est ce dernier qui peut être affecté par un infarctus, accident cardiaque malheureusement également fréquent.
Un infarctus est la nécrose (mort) d’une partie plus ou moins importante du myocarde due à un manque d’oxygénation causé par l’obstruction brutale d’une artère coronaire. Un infarctus peut provoquer la mort brutale d’une personne mais est donc un processus fondamentalement différent de la fibrillation cœur qui nous occupe ici (mais un infarctus peut provoquer une fibrillation, voir ci-dessous).

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Infarctus du myocarde : l’obstruction d’une coronaire empêche l’irrigation d’un partie du myocarde, qui meurt (partie violette). [document Larousse]


L’arrêt cardiaque subit est dû à une fibrillation ventriculaire qui provoque des mouvements anarchiques du cœur, mouvements par conséquent inefficaces pour pomper, provoquant l’arrêt de la circulation sanguine suivi par l’arrêt de la respiration de la victime. Le cerveau n’est donc plus oxygéné, ce qu’il ne peut supporter plus de 4 à 6 minutes.

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Les causes d’une fibrillation peuvent être d’ordre cardiaque (infarctus du mycocarde, insuffisance cardiaque, embolie pulmonaire massive). Il est très rare d’avoir une fibrillation primaire c’est-à-dire sur cœur sain. Une personne avec un cœur sain a donc très peu de (mal)chance de subir un arrêt cardiaque subit pour cause interne au coeur.
Les causes peuvent également être extérieures au cœur comme une insuffisance respiratoire aiguë ou une dyskaliémie (hypo- ou hyperkaliémie, c’est-à-dire trop ou trop peu de potassium -K) ou même carrément externes comme une hypothermie (importante baisse de la température du corps) ou une électrisation (électrocution). Cette deuxième série de causes peuvent par contre provoquer l’arrêt d’un cœur sain.
Au total, dans la majorité des cas, les victimes d’un arrêt cardiaque étaient déjà identifiées comme des malades cardiaques et suivaient un traitement.

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Statistiques concernant la mort subite cardiaques montrant que le pourcentage d’accidents augmente avec les pathologies cardiaques affectant la personne.


En cas d’arrêt cardiaque subit, que faire ?

Trois gestes successifs doivent être posés :

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Appeler le 15 (SAMU), qui est interconnecté avec le 18 (Pompiers) et le 17 (Gendarmerie)

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Réaliser un massage cardiaque

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Défibriller.

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Les secours médicaux prendront ensuite le relais, dès leur arrivée, d’abord les secouristes volontaires civils, qui sont des locaux et ensuite le SAMU, pompiers et médecins libéraux.

Pratiquer un massage cardiaque ? Mazette ! Mais comment faire ?
Tout citoyen devrait pouvoir le pratiquer. Une formation de deux heures suffit pour le dominer ainsi qu’une série d’autres gestes qui sauvent. Pensez-y !

Croix Rouge Française
Boulevard Henri Arlet
24200 Sarlat-la-Canéda
05 53 59 12 41


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Pour un massage cardiaque efficace

Couchez la victime à plat dos sur un sol dur (plancher ou carrelage) et pas sur un matelas sauf avec un intercalaire rigide non métallique, une planche par exemple.
Massez avec force, la cage thoracique d’un adulte doit être comprimée de 5 à 6 cm.
Procédez au massage, en utilisant les deux mains, avec la paume d’une main posée sur la poitrine de la victime, entre les mamelons et la paume de l’autre main posée sur le dos de la première. Utilisez le poids de votre corps pour comprimer.

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Compte tenu de la pénibilité du massage cardio-pulmonaire, alternez le massage avec un autre secouriste pour obtenir une efficacité maximale dans la réanimation.

Le massage peut alterner avec des insufflations (bouche à bouche) mais uniquement si vous avez été formé à le faire. Elles sont recommandées après les deux premières minutes car à ce moment, le cerveau commence à manquer d’oxygène.

Le plus souvent, une défibrillation est nécessaire pour faire repartir le cœur. C’est le rôle des défibrillateurs, dont un est disponible à Bouzic, sous la petite halle.

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Le défibrillateur est installé sous la petite halle.


Idéalement, dès l’accident cardiaque, une personne devrait se précipiter pour aller chercher le défibrillateur pendant que la première entame le massage cardiaque. Dès que le défibrillateur est disponible , utilisez-le. Ils sont automatique et donnent oralement des instructions à suivre à la lettre. Il vous indiquera d’une façon claire les dispositions à prendre selon l’état de la victime.

Les secouristes volontaires civils

Dans les régions rurales comme la nôtre, nous savons que les secours n’arriveront qu’en 25 à 45 minutes. Sans intervention locale, pas d’espoir de survie. Il est donc essentiel de disposer de nombreuses personnes formées, les secouristes volontaires civils.
C’est la raison pour laquelle la Communauté de commune du canton de Domme, sous l’impulsion de Germinal Peiro, a décidé de la mise en place d’un dispositif de protection de la population et en particulier de la formation de secouristes volontaires civils.
Les secouristes, en adhérant à la réserve communale de sécurité civile, sont les représentants de la puissance publique (le maire). Ils sont assurés en Responsabilité Civile par leur commune.
Il y a à Bouzic 7 secouristes volontaires civils.

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Le Maire entouré des secouristes bénévoles civils de Bouzic.
Tiens, ce sont tous des femmes !
Aux 6 secouristes présentes sur la photo, il faut ajouter une septième, Patricia Boucher.


Les secouristes, en intervention, doivent effectuer les gestes appris au cours de leur formation.
Dès l’urgence, ils sont alertés par le SAMU qui les guide par téléphone tout au long de leur intervention.
MAIS : problème dans le bourg, dans la vallée du Céou en général et à différents endroits de la commune, les portables ne passent pas ! Et ce n’est pas faute au Maire et à l’Association Céou Haut Débit qui se sont battus deux ans durant, malheureusement sans succès (voir les articles "Bouzic isolé", "Portables : réponse du Préfet de Dordogne" ainsi que la brève "Le problème "portables" de Bouzic dans l’Essor Sarladais").

Par ailleurs, pour le Secours à victime, le canton de Domme et Campagnac lès Quercy ont prévu la mise en place d’un logiciel permettant l’alerte des secouristes sous forme d’un appel groupé, sur les téléphones fixes et mobiles des secouristes.
Le logiciel, installé sur la plateforme du SAMU24 sera utilisable d’abord sur la communauté de communes du Canton de Domme, puis sur celle de Villefranche du Périgord et enfin sur l’ensemble du département de la Dordogne. Son implémentation sur Domme devrait être réalisée à la fin de 2013.

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Le défibrillateur à Bouzic. Il a été offert par le club des Amis de Bouzic.


Après la présentatiion de M. Garrigou, un échange avec la salle bouzicoise sous la forme de questions-réponses-commentaires s’est installé, pour l’intérêt de tous.

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Un échange nourri sous la forme de questions et réponses a suivi l’exposé de M. Garrigou


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Le sujet provoque intérêt mais aussi abattement dans le public bouzicois.


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Les questions et les réponses passionnent les Bouzicois.


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Ainsi que des apartés entre infirmières.


Les secouristes volontaires civils de Bouzic ont préparé une démonstration.


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Premier geste : appeler le 15.


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Pendant ce temps, massage cardiaque puis le défibrillateur est amené


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Ouverture du défibrillateur. Le massage cardiaque n’arrête pas.


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Les électrodes sont placées suivant les instructions du défibrillateur, qui parle (tiens aussi une femme !).


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Les secouristes s’éloignent pendant que le défibrillateur envoie la décharge pour défibriller.


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Et reprise du massage cardiaque


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La salle, silencieuse, observe.


Et, comme nous sommes à Bouzic...


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...tout se termine autour d’un verre offert par la municipalité.


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Malgré le sujet grave, la soirée se termine dans la bonne humeur et les discussions diverses. C’est Bouzic !


Et n’oubliez pas :

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La chaîne de survie
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